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	<title>ICTSD &#187; Passerelles</title>
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	<description>International Centre for Trade and Sustainable Development</description>
	<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 15:26:59 +0000</pubDate>
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		<title>Volume 10 • Numéro 4 Octobre-Novembre&#160;2009</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 16:50:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andrew Aziz</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<title>Volume 10 • Numéro 2 Juin-Juillet&#160;2009</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 16:47:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andrew Aziz</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<title>Volume 10 • Numéro 1 Avril-Mai&#160;2009</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 16:30:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andrew Aziz</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<title>Volume 9 • Numéro 5 Novembre-Décembre&#160;2008</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Nov 2008 16:17:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andrew Aziz</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://ictsd.org/wp-content/uploads/2009/12/passerelles9-5.pdf">Pour voir le dernier numéro de Passerelles veuillez cliquer ici.</a></p>
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		<title>Bienvenue sur&#160;AfriCoDev</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Sep 2008 12:14:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andrew Aziz</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[News and Analysis]]></category>

		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

		<category><![CDATA[Passerelles Synthèse]]></category>

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		<description><![CDATA[AfriCoDev est un portail francophone sur le Commerce et le Développement Durable. Vous y trouverez une selection d&#8217;analyses, de documents officiels et de nouvelles classés par thèmes sur les négociations commerciales à l&#8217;OMC, les Accords de partenariats économiques (APE) entre l&#8217;Union Européenne et les pays ACP et l&#8217;intégration régionale en Afrique. Ce portail contient également [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>AfriCoDev est un portail francophone sur le Commerce et le Développement Durable. Vous y trouverez une selection d&#8217;analyses, de documents officiels et de nouvelles classés par thèmes sur les négociations commerciales à l&#8217;OMC, les Accords de partenariats économiques (APE) entre l&#8217;Union Européenne et les pays ACP et l&#8217;intégration régionale en Afrique. Ce portail contient également un calendrier des négociations ainsi que des liens vers diverses sources d&#8217;informations et institutions travaillant sur le commerce et le développement durable. Il s&#8217;agit d&#8217;une relation de partenariat technique et financière qui s&#8217;inscrit dans le cadre des Programmes de renforcement des capacités des pays francophones du Centre International pour le Commerce et le Développement Durable (ICTSD) et de l&#8217;Organisation Internationale de la Francophonieà travers son Projet REXPACO (Renforcement de l&#8217;Expertise francophone en négociations d&#8217;Accords Commerciaux).<br />
Partenaire: Organisation Internationale de Francophonie par le biais du site http://www.espaceeconomiquefrancophone.com</p>
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		<title>L’intégration régionale ouest africaine au défi de l’APE : une région à la croisée des&#160;chemins.</title>
		<link>http://ictsd.org/i/news/37718/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 15:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tamara Asamoah</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[News and Analysis]]></category>

		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;APE en négociation entre l&#8217;Union européenne et l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest a pour objectif, entre autres, de promouvoir le développement durable et l&#8217;intégration régionale en Afrique de l&#8217;Ouest. C&#8217;est ce qui est écrit et c&#8217;est cette vision qui a atténué l&#8217;opposition de nombreux Etats à cet accord. La réalisation d&#8217;une telle ambition requiert cependant une démarche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L&#8217;APE en négociation entre l&#8217;Union européenne et l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest a pour objectif, entre autres, de promouvoir le développement durable et l&#8217;intégration régionale en Afrique de l&#8217;Ouest. C&#8217;est ce qui est écrit et c&#8217;est cette vision qui a atténué l&#8217;opposition de nombreux Etats à cet accord. La réalisation d&#8217;une telle ambition requiert cependant une démarche prudente, graduelle et prenant en compte les besoins et le niveau de développement de la partie la plus faible. Mais par « foi » excessive ou par « aveuglement », la CE a imposé son rythme, sa vision et ses ambitions et poussé les Etats à s&#8217;engager, peut-être malgré eux, dans cet accord. Conséquence : deux accords intérimaires paraphés dont les conséquences sur l&#8217;intégration pourraient être lourdes.</em></p>
<p>La  Côte d&#8217;Ivoire a annoncé officiellement son intention de conclure la négociation de son Accord de Partenariat Economique Intérimaire (APEI) et de le signer dans les prochaines semaines.  Cette annonce a été faite le 31 Octobre à Banjul par le Ministre de l&#8217;intégration de Côte d&#8217;ivoire qui prenait part au Comité Ministériel de Suivi de l&#8217;APE. L&#8217;information n&#8217;est pas nouvelle. Déjà en juillet, le même Ministre avait informé, lors d&#8217;une réunion organisée par la  Commission européenne à Bamako, que la Côte d&#8217;ivoire avait « donné sa parole » et comptait la tenir en signant son APE, si pour une raison ou pour une autre, l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest ne parvenait pas à conclure un APE régional complet avec l&#8217;Europe. On peut donc tenir cet engagement pour ferme et quasiment irréversible.</p>
<p>Le Ghana communique moins sur ses intentions par rapport à son APE, peut-être par stratégie. Probablement par inconfort.  On soutien cependant dans la région qu&#8217;elle serait très avancée dans ses discussions avec la partie européenne mais ne saurait plus trop que faire de son accord qui, dans un contexte pré-électoral, serait comme une « patate chaude » entre les mains du parti pouvoir qui a mis en selle un candidat pour remplacer le Président Kufuor et qui fait face au rejet de l&#8217;APE par ses députés et par une large frange des acteurs de la société civile, y compris les syndicats de travailleurs et les producteurs agricoles. Ces derniers se sont particulièrement illustrés dans les rues d&#8217;Accra lors du sommet des Chefs d&#8217;Etat ACP en fin septembre.</p>
<p>Pourtant, en dépit du fait qu&#8217;ils poursuivent la négociation de leur APE bilatéral,  l&#8217;un comme l&#8217;autre participent aussi, avec plus ou moins de visibilité et d&#8217;engagement, aux discussions entre l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest et la Communauté européenne en vue de parvenir à un APE régional complet en juin 2009. Il y a donc là, assurément, un contexte passablement flou où s&#8217;enchevêtrent différentes ambitions, différents engagements et diverses positions qui donnent une lecture malaisée des positions et des stratégies nationales et régionales.</p>
<p>Mais qu&#8217;on se comprenne bien. Notre position d&#8217;hier sur la signature des APE intérimaires est la même que celle d&#8217;aujourd&#8217;hui. Même si nous les regrettons, nous ne comprenons que trop les raisons qui ont poussé ces pays à parapher les APEI. Les autorités ivoiriennes comme Ghanéennes ont bien expliqué qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une nécessité de survie et qu&#8217;elles avaient exploré toutes les possibilités pour ne pas en arriver là. Les autorités de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest, les institutions régionales comme les Etats, n&#8217;ont jamais prouvé qu&#8217;elles avaient quant-à-elles fait tout ce qu&#8217;il fallait pour aider et soutenir ces pays non PMA confrontés au risque de faire face à des pertes commerciales inéluctables après la décision de la région de ne pas signer un APE au 31 décembre 2007.</p>
<p>La question cruciale n&#8217;est pas de savoir si ces deux pays ont eu tord ou raison de parapher un APE. Ce débat est dernière nous et il n&#8217;a jamais été très pertinent. Le problème de fond est maintenant de mesurer et de bien comprendre l&#8217;impact de ces accords sur les négociations, la stratégie de l&#8217;Afrique de l&#8217;ouest ainsi que sa marge de manœuvre face à l&#8217;Union européenne. Certes, il est convenu, de part et d&#8217;autre, que les accords intérimaires, même signés, cesseront d&#8217;exister aussitôt que l&#8217;APE  régional sera conclu. C&#8217;est peut-être tout à l&#8217;honneur de ces deux pays de faire preuve d&#8217;autant de sollicitude pour l&#8217;intégration régionale mais leur engagement ne tempère que très partiellement la tension qui s&#8217;exerce avec de plus en plus d&#8217;intensité sur tout le processus d&#8217;intégration régionale.</p>
<p>Désormais, quoi qu&#8217;on dise, l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest se trouve face à un dilemme. Si la Côte d&#8217;Ivoire en particulier signe son APEI - puisque c&#8217;est le seul qui ait affiché officiellement une volonté - deux cas de figure pourraient se présenter aux Etats de la région.</p>
<p>Le premier pourrait se résumer à peu près en ceci : compte-tenu de l&#8217;importance que tous semblent accorder à l&#8217;intégration régionale, il se pourrait que les autorités politiques de la région soient amenées, peut-être malgré elles, à faire de nombreuses concessions à la partie européenne dans le but de parvenir rapidement à un APE régional complet qui non seulement remplacerait l&#8217;APE de la  Côte d&#8217;Ivoire, mais préserverait aussi ce pays du risque de se mettre, peut-être définitivement, en marge du processus d&#8217;intégration économique.</p>
<p>En mesurant l&#8217;étendue des divergences qui séparent les positions de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest de celles de l&#8217;Europe sur certaines questions importantes, on peut facilement se faire une idée des sacrifices que l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest pourrait consentir ainsi que du prix à payer pour préserver son intégration régionale. Le Comité ministériel de suivi de l&#8217;APE qui s&#8217;est tenu à Banjul le 31 octobre a fait le point sur l&#8217;Etat des négociations entre l&#8217;UE et l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest. A part quelques consensus mineurs sur des sujets peu controversés, les deux régions divergent presque sur tout : la définition des droit de douane, dont l&#8217;enjeu est l&#8217;inclusion ou non des prélèvements communautaires dans la suppression des taxes sur les exportations européennes ; la portée et le rythme de la libéralisation ; la clause de non exécution ; la clause de gèle ; l&#8217;opportunité de conclure un accord sur l&#8217;investissement et la concurrence ; le traitement des services ; l&#8217;inclusion d&#8217;une clause NPF ; etc.</p>
<p>Certains de ces sujets présentent de grands enjeux pour l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest et sont au centre du processus d&#8217;intégration régionale. La détermination de l&#8217;offre régionale d&#8217;accès au marché ne peut en effet se faire sans la conclusion des travaux en cours sur les produits sensibles. Les efforts d&#8217;harmonisation des listes nationales pour parvenir à une liste régionale de produits sensibles ont certes révélé tout l&#8217;engagement de la région à avancer rapidement vers l&#8217;intégration, mais ils ont aussi montré toute la difficulté pour les Etats de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest à « sacrifier » certains intérêts nationaux au profit de l&#8217;intérêt régional. Le chemin risque donc  d&#8217;être long avant que l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest ne mette sur la table son offre d&#8217;accès au marché, d&#8217;autant plus que ce dossier est lié à celui du Tarif extérieur commun ( TEC) CEDEAO qui est lui-même en discussion.</p>
<p>Or, si pour conclure un APE régional pour les raisons évoquées plus haut, la région devait « bâcler » ce processus, cela pourrait non seulement être contreproductif mais pourrait aussi avoir des conséquences à moyen et long terme sur certains secteurs des économies nationales et de la région.</p>
<p>Le second scénario n&#8217;est pas plus heureux pour la région. Si la conclusion d&#8217;un APE régional devait avoir pour seule motivation le maintien de la Côte d&#8217;Ivoire et du Ghana dans le giron de l&#8217;UEMOA et de la CEDEAO et si le prix à payer en termes de concessions sur ces sujets, dont la plupart sont vus comme des lignes rouges, s&#8217;avérait trop élevé, de nombreux Etats, en particulier les PMA, pourraient n&#8217;avoir aucune raison de signer, puisque même sans APE, leur statut les préserve de tout risque de pertes commerciales. Pour les deux autres non PMA restants, le Nigeria et le Cap-Vert, le premier a déjà largement démontré sa capacité à supporter durablement une non signature de l&#8217;APE, et en conséquence une perte commerciale vis-à-vis de l&#8217;Europe, tandis que le second bénéficie encore des mêmes avantages que les PMA dans de nombreux domaines.</p>
<p>Il se pourrait donc qu&#8217;en cas de signature par</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pourquoi la Clause NPF doit être retirée des APE&#160;!</title>
		<link>http://ictsd.org/i/news/37713/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 15:26:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tamara Asamoah</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[News and Analysis]]></category>

		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est connu, les Accords Commerciaux Régionaux (ACR) sont une exception à la  Clause de la  Nation la Plus Favorisée (NPF). A fortiori, un ACR mixte impliquant des pays en développement et des pays développés ne devrait pas présager d&#8217;une mutualisation de tous les gains commerciaux acquis par les pays en développement dans d&#8217;autres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est connu, les Accords Commerciaux Régionaux (ACR) sont une exception à la  Clause de la  Nation la Plus Favorisée (NPF). A fortiori, un ACR mixte impliquant des pays en développement et des pays développés ne devrait pas présager d&#8217;une mutualisation de tous les gains commerciaux acquis par les pays en développement dans d&#8217;autres relations de partenariat. C&#8217;est pourtant la stratégie de la CE (Communauté Européenne) qui, dans l&#8217;Accord intérimaire avec la Cote d&#8217;Ivoire en l&#8217;occurrence, a introduit une Clause NPF en disposant que la partie ivoirienne accordera à la partie CE tout traitement plus favorable qui pourrait résulter du fait que la partie ivoirienne devienne partie à un accord de libre-échange avec un <em>partenaire commercial majeur</em>. La CE accepte de concéder réciproquement le même avantage à la partie ivoirienne ; ce qui nous apparait sans objet, dans la mesure où elle offre déjà, dans le cadre de l&#8217;APE, un accès en franchise de droits de douane et sans quotas à 100% qui, techniquement, ne peut pas être en deçà des offres commerciales futures dont pourrait bénéficier la Côte d&#8217;Ivoire. La Clause NPF européenne est bien ciblée. Elle concerne tout <em>partenaire commercial majeur</em> qui peut signifier tout pays développé, ou tout pays ayant des échanges commerciaux mondiaux supérieurs à 1% dans l&#8217;année précédant l&#8217;entrée en vigueur de l&#8217;APE entre les deux parties ; ou alors tout groupe de pays agissant individuellement, collectivement ou à travers un accord de libre échange ayant une part des échanges commerciaux mondiaux supérieure à 1,5% dans l&#8217;année précédant l&#8217;entrée en vigueur de l&#8217;APE.<br />
La présence de cette Clause NPF dans cet APE présente un double intérêt. D&#8217;abord, un intérêt systémique lié aux conditions d&#8217;octroi des préférences commerciales et du Traitement Spécial et Différencié (TSD), si un membre développé de l&#8217;OMC en revendique le bénéfice. Ensuite, un intérêt pratique lié à la poursuite des négociations sur les APE dans toutes les régions africaines, en sachant que les APE intérimaires signés par certains pays comme la Côte d&#8217;Ivoire seront complétés et transposés au niveau régional. Il nous apparait que le maintien de cette Clause NPF dans un APE régional ne se justifie pas juridiquement et que les arguments avancés par les CE pour leur défense ne résistent pas à l&#8217;analyse.<br />
<strong>1. Un champ d&#8217;application défini sans base légale</strong><br />
<strong> </strong><br />
Une fois que la Clause NPF a été introduite dans les APE intérimaires, des voix se sont élevées pour s&#8217;en offusquer. Le problème a été soulevé de façon officielle par le Brésil lors d&#8217;un Conseil Général de l&#8217;OMC, pour s&#8217;inquiéter des relations commerciales sud-sud à venir ; et interpeller la  CE quant à leurs motivations commerciales profondes et la base légale de leur choix. La  Brésil a développé son argumentaire autour de l&#8217;interprétation de la Clause d&#8217;habilitation du GATT/OMC avant de conclure que cet instrument essentiellement conçu pour les pays en développement ne lui semblait pas offrir une base juridique pour l&#8217;introduction de la Clause NPF dans les APE. Pour sa défense, les CE ont développé deux arguments majeurs liés au champ d&#8217;application de cette Clause et à la portée des listes d&#8217;exclusion prévue dans les ACR.<br />
<strong><em>La Clause NPF n&#8217;est censée s&#8217;appliquer qu&#8217;aux futurs ACR régis par l&#8217;Article XXIV du GATT</em></strong><br />
C&#8217;est l&#8217;argument européen de base à l&#8217;appui de l&#8217;introduction de la Clause  NPF dans les APE. La  CE considère à juste titre qu&#8217;il y a deux bases légales possibles pour les ACR incluant des pays en voie de développement. La Clause d&#8217;Habilitation (CH) pour les ACR composés exclusivement de Pays en Voix de Développent (PVD), et l&#8217;article XXIV pour les ACR incluant à la fois les ACR mixtes et les ACR entre pays développés. Suite à la levée de boucliers des pays ACP après le paraphe des accords intérimaires et la saisine par le Brésil du Conseil Général de l&#8217;OMC, l&#8217;UE a essayé de désamorcer la crise en soutenant qu&#8217;elle n&#8217;envisage de tirer bénéfice d&#8217;autres ACR signés par les pays ACP que s&#8217;ils concernent des ACR conclus sous l&#8217;égide de l&#8217;article XXIV, et qu&#8217;en conséquence, tous les futurs ACR conclus entre pays en développement ne seront pas concernés. Cela implique que les accords potentiels dont il s&#8217;agit sont ceux conclus entre pays ACP et d&#8217;autres pays développés. Ce qui se résume à deux situations différentes qui déterminent le champ d&#8217;application de cette clause.<br />
<em>La première situation est celle des futurs ACR mixtes.</em> Les accords régionaux postulent, de droit, une discrimination à l&#8217;endroit des tiers. Qu&#8217;en est-il de la situation où un groupe de pays signe des ACR avec des partenaires différents et avec des niveaux d&#8217;engagements différents ? Chaque ACR pourra t-il se prévaloir du caractère discriminatoire qui lui est inhérent ? Peut-on faire jouer la Clause NPF si les partenaires en question sont dans la même catégorie de développement ? Cela pose le problème des rapports entre les principes multilatéraux comme la NPF et leurs différentes exceptions. Dans cette situation, l&#8217;UE peut se sentir en concurrence avec un autre pays développé ayant conclu un ACR avec les pays africains concernés, mais dans des conditions moins avantageuses pour elle. Mais en l&#8217;occurrence, chaque ACR a une vie juridique autonome quoique dérivée de la NPF multilatérale dont il est constitutif d&#8217;une exception. En conséquence, il n&#8217;y a pas de régime juridique connu de prise en compte des relations juridiques entre deux ACR que pourrait régir une hypothétique NPF insérée en leur sein. Cette NPF régionale pourrait s&#8217;apparenter à un détournement d&#8217;objectif en vidant de son sens les exceptions systémiques dont peuvent bénéficier les pays en développement en général.<br />
<em>La seconde situation est celle des futurs ACR entre pays en développement conclus sous l&#8217;égide de la Clause d&#8217;Habilitation</em>. L&#8217;engagement européen de n&#8217;appliquer la Clause NPF qu&#8217;aux futurs ACR mixtes n&#8217;est pour le moment qu&#8217;un engagement verbal tendant à éluder le débat. Même si cet engagement était écrit, il n&#8217;aurait aucune valeur de légation dans la mesure où il n&#8217;appartient pas aux membres de fixer unilatéralement l&#8217;étendue et les limites de leurs droits et obligations. Mais le plus important est que cet engagement verbal est immédiatement contredit par le contenu des accords intérimaires qui ne visent pas les futurs ACR mixtes comme précédemment démontré et ne font pas allusion à ceux conclus sous l&#8217;article XXIV. Le critère de recours à la Clause est la présence d&#8217;un partenaire commercial majeur suivant des critères définis dans l&#8217;accord même. Il est apparu que des pays comme le Brésil, l&#8217;Inde et la Chine sont dans le champ de cette définition et n&#8217;en sont pas moins des pays en voie de développement. Qu&#8217;advient-il si un de ces pays conclus un ACR avec les pays africains sous l&#8217;égide de la Clause d&#8217;Habilitation ? On se retrouverait dans le cas d&#8217;un ACR conclu à la fois par un pays en développement tout en étant un Partenaire commercial majeur. Suivant l&#8217;engagement verbal européen, le recours à la Clause ne serait pas activé dans une telle situation, l&#8217;ACR en question étant régi par la Clause d&#8217;habilitation. Mais suivant les accords intérimaires, elle serait activée suivant les critères liés à la présence d&#8217;un partenaire commercial majeur. Cette hypothèse, très plausible du reste, montre les contradictions de l&#8217;argumentation européenne qui procède à une simplification extrême de champ d&#8217;application de la Clause, tout en mettant un soin particulier à l&#8217;étendre dans les dispositions des APE intérimaires.<br />
<strong><em>L&#8217;ambivalence de la nature juridique des listes d&#8217;exclusion : Objectives ou Subjectives ?</em></strong><br />
Le second argument de l&#8217;UE est que les pays ACP ne devraient pas avoir le droit de conférer plus d&#8217;avantages commerciaux à d&#8217;autres partenaires, fussent-ils des pays en développement. L&#8217;idée est que les listes d&#8217;exclusion recoupent des produits qui ne sont objectivement pas en situation de supporter une concurrence étrangère. Et qu&#8217;en donnant des avantages commerciaux supplémentaires - ce qui implique une réduction de la liste d&#8217;exclusion - on remet en cause la « sensibilité » de ces produits. Dès lors, l&#8217;offre d&#8217;accès aux marchés vis-à-vis de la CE doit être revue à la hausse. La CE ajoute que les pays africains devraient même y voir une <em>« Happy Clause »</em> dans la mesure où elle leur permet de ne pas envisager une ouverture supplémentaire de leurs marchés à leurs nouveaux partenaires commerciaux. Outre le fait que cette dernière hypothèse de volonté de ne pas ouvrir de marchés supplémentaires relève exclusivement du pouvoir d&#8217;appréciation des pays africains, cette argumentation soulève deux points. Le premier est la contradiction manifeste avec l&#8217;argument premier de l&#8217;exclusion des accords de la Clause d&#8217;Habilitation du champ de la  Clause NPF. Il montre que les partenaires commerciaux majeurs émergents sont les véritables préoccupations de la CE, et que la Clause NPF joue un rôle avant-gardiste dans le partage des marchés africains. Le second est que les critères de sensibilité utilisés pour déterminer les listes d&#8217;exclusion ne sont pas des critères intrinsèquement objectifs. Leur nature est ambivalente. Ils peuvent objectivement ne pouvoir faire face à aucune concurrence extérieure. Ils peuvent ne pouvoir faire face à la concurrence qu&#8217;en rapport avec la situation subjective des produits du partenaire concerné. Ce qui implique qu&#8217;un produit peut être sensible et ne pas être ouvert au marché européen tout en restant compétitif en face de produits de partenaires commerciaux majeurs. Dans ce cas de figure, rien, juridiquement, ne peut remettre en cause une offre différenciée d&#8217;accès au marché. D&#8217;abord, parce qu&#8217;il est légal de discriminer des pays développés si ce sont des pays en développement qui en bénéficient. Ensuite parce que cela est fait dans le cadre d&#8217;un ACR qui est par définition discriminatoire. Enfin parce que le volume de l&#8217;essentiel des échanges commerciaux à libéraliser n&#8217;est pas une donnée statistique fixe applicable à tous les ACR et qui pourrait justifier une garantie juridique à offrir à la CE pour le futur.<br />
<strong>2. L&#8217;unité juridique des ACR dans l&#8217;Accord Général pour le Commerce des Services (AGCS) va à l&#8217;encontre de l&#8217;argumentaire de l&#8217;UE</strong><br />
<strong> </strong><br />
L&#8217;argumentaire de la CE sur le champ d&#8217;application de la Clause NPF dans les APE semble omettre la situation juridique totalement différente au niveau des ACR sur les services. Nous l&#8217;avons déjà dit, les ACR mixtes sont inconnus du droit du GATT/OMC même s&#8217;ils semblent être tenus pour acquis qu&#8217;ils sont régis par l&#8217;Article XXIV du GATT, de la même manière que les ACR entre pays développés. En revanche, les ACR entre pays en développement sont régis par la Clause d&#8217;habilitation. Cette différenciation concerne le commerce des marchandises et à pu servir d&#8217;instrument de justification aux CE. Qu&#8217;en est il dès lors du commerce des services ?<br />
Les ACR sur les services ont le mérite d&#8217;avoir un champ d&#8217;application unifié organisé par l&#8217;Article V de l&#8217;AGCS. Aucune différenciation de base légale liée à la catégorie de développement ne peut être invoquée. Les ACR entre pays en développement, les ACR entre pays développés, ainsi que les ACR mixtes sont tous régis par l&#8217;article V de l&#8217;AGCS. Cette posture juridique rend complètement obsolète la différenciation des ACR qui seront concernés par la  Clause NPF dans les APE de ceux qui ne le seront pas. En réalité, ce sont tous les futurs ACR conclus par les pays africains qui seront soumis à la Clause NPF. La CE semble ne pas proposer de solution à cet état du droit et ne le contestent pas. Ou alors irait-on vers une application fragmentée et désordonnée de la Clause NPF aux futurs ACR africains, avec un champ d&#8217;application flou au niveau du commerce des  marchandises et une exclusion du commerce des services de toutes possibilités de mutualisation. Ce cas de figure parait très peu probable du fait de la posture offensive de la CE dans les négociations sur les services, aussi bien à l&#8217;OMC que dans les APE.<br />
Par ailleurs, les Aspects de droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce ne posent pas de problème particuliers en l&#8217;espèce du fait de l&#8217;absence de prise en compte de la dimension régionale dans l&#8217;accord multilatéral ; ce qui induit que tout avantage conféré par l&#8217;une des parties, fut-il dans le cadre dérogatoire d&#8217;un APE/ACR est forcément mutualisé au bénéficie de tous les autre membres de l&#8217;OMC.<br />
<strong>3. Mise en danger des schémas classiques de TSD à l&#8217;OMC</strong><br />
<strong> </strong><br />
Si le principe de non-discrimination est l&#8217;une des clés de voûte de l&#8217;OMC, il est logiquement aménagé pour favoriser une pluralité de régimes juridiques en fonction des trois catégories de développement reconnus par le système : les pays développés, les pays en développement et les Pays les Moins avancés (PMA). L&#8217;application d&#8217;une des deux composantes essentielles du principe de non-discrimination - la Clause NPF en l&#8217;occurrence - confirme la reconnaissance d&#8217;une discrimination possible, mais toujours au profit des catégories inférieures. Ce qui signifie que les PVD peuvent être discriminés au profit des PMA ; et que les pays développés peuvent être discriminés en faveur des PVD. En revanche, les pays développés membres sont par définition « discriminables » à la seule limite d&#8217;étendre cette discrimination à tous les autres pays développés.<br />
En introduisant la Clause NPF dans les APE, la CE remet en cause implicitement la possibilité de discrimination en faveur des PMA et des PVD. Ces possibilités légalement consacrées dans le SGP de 1971, la Clause d&#8217;habilitation de 1979 et la Décision de 1999 en faveur des PMA offrent des avantages commerciaux exceptionnels qui ne peuvent être mutualisés ou multilatéralisés. A la vérité, les pays développés se trouvent dans une posture légale de subir des discriminations commerciales, qui n&#8217;en sont pas réellement d&#8217;ailleurs, suivant la théorie de l&#8217;inégalité compensatrice qui fonde le TSD. Mieux ou pire, en ne se faisant pas discriminer au niveau bilatéral (NPF dans les APE), les CE se garantissent une situation plus favorable dans les négociations multilatérales. Elle part avec l&#8217;avantage de bénéficier de Clauses NPF à tous les niveaux, avec un principe de non-discrimination systémique au niveau multilatéral dont toutes les possibles exceptions sont annihilées au niveau bilatéral. Dès lors, elle vide de son sens tous les mécanismes mis en place pour les PVD et s&#8217;offre pour le coup un TSD exceptionnel. Cette posture européenne s&#8217;explique par le souci de gérer sa concurrence avec les partenaires commerciaux majeurs qui arrivent en force sur le continent africain. Mais cette donne n&#8217;est pas encore juridiquement prise en compte par le système de l&#8217;OMC où l&#8217;hétérogénéité des membres à l&#8217;intérieur de la catégorie générique des pays en développement ne permet pas encore une différenciation de leur régime juridique. Le plus souvent, ce sont les pays en développement africains qui en souffrent par une érosion de leurs préférences, les pays développés rechignant à conférer les mêmes avantages commerciaux à d&#8217;autres pays en développement qui se présentent comme leurs concurrents potentiels. Mais si l&#8217;opportunité de conférer des préférences commerciales à travers les SGP relève de leur pouvoir discrétionnaire, les conditions d&#8217;octroi des avantages commerciaux à travers les ACR et les SGP sont juridiquement obligatoires et ne leur laissent pas beaucoup de marge de manœuvre.<br />
<strong>4. Les impacts légaux potentiels liés au maintien de la Clause NPF dans les APE</strong><br />
<strong> </strong><br />
Nous avons déjà évoqué le cas pratique d&#8217;un pays en développement qui est à la fois Partenaire commercial majeur et qui conclurait des ACR avec des pays africains, pour démontrer que le champ d&#8217;application de la Clause NPF dans les APE était flou dans l&#8217;argumentaire européen. Nous allons y avoir recours une seconde fois pour voir quelles sont les implications légales de son maintien dans les futurs APE régionaux. Deux hypothèses se présentent à nous.<br />
Dans la première, les pays signataires du nouvel ACR y ont un intérêt évident, et c&#8217;est à l&#8217;UE d&#8217;intenter une action juridique pour bénéficier des mêmes avantages commerciaux en application de la Clause NPF. Le cas est relativement simple. Rien dans le droit du GATT/OMC n&#8217;interdit la conclusion d&#8217;ACR entre pays en développement. Celui-ci est d&#8217;ailleurs conclu sous l&#8217;égide de la Clause d&#8217;Habilitation. En plus, en s&#8217;en tenant à ses déclarations, l&#8217;UE confirme que les ACR visés par la Clause sont exclusivement ceux couverts par l&#8217;Article XXIV du GATT. Dans ce cas de figure, la Clause NPF n&#8217;est pas opérationnelle et il n&#8217;y pas de contentieux entre les parties.<br />
En revanche, ce n&#8217;est pas le cas dans la seconde hypothèse où l&#8217;UE déciderait d&#8217;actionner la Clause NPF parce qu&#8217;elle aurait considéré que le statut de partenaire commercial majeur prime sur celui de pays en développement. Quel droit serait applicable à l&#8217;appui d&#8217;une telle action ? Dans la mesure où rien dans le droit de l&#8217;OMC ne s&#8217;oppose à la conclusion d&#8217;un ACR entre pays en développement, la CE ne pourrait se plaindre que du point de vue de l&#8217;APE qui a instauré son propre mécanisme de règlement des différends, avec un Groupe Spécial d&#8217;arbitrage compétent sur les questions essentielles de fond de l&#8217;APE. Le droit applicable entre les deux parties à l&#8217;ACR étant celui de l&#8217;APE et la  Clause NPF en étant partie intégrante, l&#8217;affirmation de son application au profit de la CE ne fait à priori aucun doute. Suivant la logique des différents APE intérimaires, le Groupe Spécial d&#8217;arbitrage autoriserait la « prise de mesures temporaires de mise en conformité ». En l&#8217;occurrence, cela signifie une plus grande offre d&#8217;accès aux marchés au profit de la CE et qui fait fi des critères qui ont présidé à la mise en place des listes d&#8217;exclusion. Ou alors, hypothèse très peu réaliste, une renonciation des pays africains à la nouvelle offre d&#8217;accès au marché au partenaire commercial majeur. Mais le mérite de cette situation inédite est qu&#8217;elle permettrait au partenaire commercial majeur de saisir l&#8217;Organe de Règlement des Différends pour incompatibilité de cette clause NPF régionale avec droit de l&#8217;OMC.</p>
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		<title>Implications des dispositions sur le commerce et les services dans l’APE du CARIFORUM : recommandations pour l’Afrique&#160;australe</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 15:24:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tamara Asamoah</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[News and Analysis]]></category>

		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Après plusieurs années de négociations avec la  Commission européenne, un certain nombre de pays d&#8217;Afrique, des Caraïbes et du Paciﬁque (ACP) ont paraphé, ﬁn 2007, des Accords de partenariat économique (APE) et des textes intérimaires. Les discussions avaient été menées au titre de l&#8217;Accord de Cotonou, qui cherche à remplacer les préférences à l&#8217;exportation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après plusieurs années de négociations avec la  Commission européenne, un certain nombre de pays d&#8217;Afrique, des Caraïbes et du Paciﬁque (ACP) ont paraphé, ﬁn 2007, des Accords de partenariat économique (APE) et des textes intérimaires. Les discussions avaient été menées au titre de l&#8217;Accord de Cotonou, qui cherche à remplacer les préférences à l&#8217;exportation non réciproques octroyées par l&#8217;UE aux pays ACP par des arrangements commerciaux de libre-échange négociés au niveau régional, à compter de janvier 2008, aﬁn de mettre le régime commercial en conformité avec les règles de l&#8217;OMC.</p>
<p>Pour ce qui est de la libéralisation du commerce des services, seuls les pays du CARIFORUM ont négocié un cadre de libéralisation général. A ce titre, il est impératif d&#8217;avoir une bonne compréhension des dispositions de leur texte d&#8217;APE et des implications du texte, car il y a de fortes chances que la Commission européenne cherche à obtenir des engagements similaires des autres groupes ACP. Cet article donne un bref aperçu d&#8217;une étude qui analyse les dispositions de l&#8217;APE du CARIFORUM sur le commerce des services et en examine les implications dans les négociations en cours sur les APE, menées entre la Commission européenne et le groupe APE de la  Communauté de développement de l&#8217;Afrique australe (Southern African Development Community - SADC).</p>
<p><strong>L&#8217;APE intérimaire SADC-UE</strong></p>
<p>Seuls le Botswana, le Lesotho, le Mozambique et le Swaziland participeront à la seconde phase des discussions sur les APE qui impliquent la libéralisation du commerce des services. L&#8217;Afrique du Sud a clairement spéciﬁé dès le départ qu&#8217;elle n&#8217;approuvera pas un accord comprenant la libéralisation du commerce des services et des disciplines sur des questions de nouvelle génération telles que l&#8217;investissement. La Namibie a paraphé l&#8217;APE intérimaire à contrecœur, peu satisfaite de certaines dispositions sur le commerce des biens, alors que l&#8217;Afrique du Sud refusait carrément de prendre part aux négociations sur les services.</p>
<p>Dans l&#8217;APE intermédiaire SADC-Commission européenne, les parties s&#8217;engagent à : négocier une libéralisation progressive ayant une portée sectorielle substantielle sur une période de trois ans, à la suite de la conclusion de l&#8217;APE complet ; empêcher toute introduction de nouvelles mesures plus discriminatoires envers des tierces parties pour tous les secteurs des services, comme spéciﬁé dans l&#8217;article V.1.b (ii) de l&#8217;Accord général sur le commerce des services (AGCS) ; et convenir d&#8217;un programme de libéralisation pour un secteur des services dans chaque État participant à l&#8217;APE de la  SADC, d&#8217;ici le 31 décembre 2008. En outre, la Commission européenne a convenu d&#8217;appuyer la constitution de capacités visant au renforcement du cadre réglementaire des États participant à l&#8217;APE de la SADC.</p>
<p>Le texte de l&#8217;APE intérimaire est quelque peu vague, ce qui rend difﬁcile une perception exacte de ce à quoi les deux parties se sont engagées. Par exemple, on n&#8217;est pas très sûr du sens de la phrase « d&#8217;ici décembre 2008, les Parties achèveront les négociations sur la libéralisation des services ». Cela signiﬁe - t - il qu&#8217;elles auraient obtenu un plan de libéralisation des services pour les États participant à l&#8217;APE de la SADC d&#8217;ici cette date, ou simplement qu&#8217;elles auraient achevé les négociations sur les modalités ? Le texte omet également d&#8217;indiquer la nature de l&#8217;engagement de libéralisation correspondant contracté par la  Commission européenne. On ne sait pas très bien quelle est la date de démarrage de la période de trois ans pour la libéralisation substantielle - est-ce au moment où l&#8217;APE intérimaire est paraphé ou après le 31 décembre 2008 ?</p>
<p>Les délais sont peut-être peu réalistes, mais ce qui semble important pour la Commission européenne, c&#8217;est que l&#8217;accord lie les pays participant à l&#8217;APE de la SADC à un cadre de libéralisation spéciﬁ que. En outre, les dispositions de l&#8217;APE intérimaire ne sont pas sufﬁsamment détaillées en ce qui concerne la ﬂexibilité dont disposeront les pays de l&#8217;APE de la  SADC qui négocient un chapitre de la libéralisation des services.</p>
<p><strong>Obligations aux ﬁns de l&#8217;AGCS</strong></p>
<p>Il est toutefois signiﬁcatif que les parties se soient engagées au respect mutuel des droits et des obligations découlant de l&#8217;AGCS. Et ceci, parce que les dispositions de l&#8217;AGCS, en particulier l&#8217;article XIX (qui permet aux pays en développement d&#8217;ouvrir moins de secteurs, de libéraliser moins de types de transactions, d&#8217;élargir progressivement l&#8217;accès à leurs marchés en fonction de la situation de leur développement et lorsqu&#8217;ils accorderont l&#8217;accès à leurs marchés à des fournisseurs de services étrangers, d&#8217;assortir un tel accès de conditions d&#8217;accès au marché) et l&#8217;article V (qui traite de l&#8217;intégration économique et prévoit les prescriptions plus ﬂexibles régissant les accords commerciaux régionaux pour les pays en développement) permettent davantage de ﬂexibilité et favorisent les intérêts des États SADC parties à l&#8217;APE - à la condition que les négociateurs y aient recours le plus largement possible.</p>
<p>Les discussions sur les APE offrent également une opportunité de tester les dispositions de l&#8217;article IV de l&#8217;AGCS - qui énonce des mesures pouvant être prises pour accroître la participation des pays en développement au commerce mondial. Les pays SADC parties à l&#8217;APE devraient prendre l&#8217;initiative de rechercher les moyens de mettre en œuvre des dispositions favorables.</p>
<p>De plus, les dispositions de l&#8217;Accord de partenariat de Cotonou sont d&#8217;une très grande importance pour fournir le contexte adéquat des discussions. Elles prévoient également des obligations spéciﬁques telles que le respect du principe du traitement spécial et différencié.</p>
<p>Pour ce qui est des intérêts offensifs, les pays de la SADC participant à l&#8217;APE souhaiteraient recourir à l&#8217;APE pour : attirer des investissements européens, rehausser la concurrence aﬁ n de stimuler l&#8217;efﬁ cience et la capacité d&#8217;offre tout en améliorant l&#8217;environnement des affaires, et de favoriser les consommateurs, constituer la capacité réglementaire aﬁ n de maximiser les avantages de la libéralisation, et s&#8217;assurer un accès au marché de l&#8217;UE dans le Mode 4 -(mouvement des professionnels indépendants, non lié à la présence commerciale, main-d&#8217;œuvre semi-qualiﬁée, non qualiﬁée).</p>
<p>Tous les pays SADC participant à l&#8217;APE sont Membres de l&#8217;OMC et sont engagés dans le cycle actuel de négociations sur l&#8217;AGCS. En raison de réformes unilatérales, le niveau des engagements AGCS contractés par les pays de la SADC ne reﬂète pas l&#8217;étendue effective de la libéralisation dans ces économies. Au niveau régional tous les pays SADC participant à l&#8217;APE font partie du groupe de 14 membres et la plupart d&#8217;entre eux sont également membres d&#8217;autres organisations d&#8217;intégration régionale.</p>
<p><strong>En avance</strong></p>
<p>Par rapport à d&#8217;autres communautés économiques régionales en Afrique orientale et australe, la SADC est la plus avancée pour ce qui est de promouvoir la libéralisation du commerce des services. Les pays de la SADC visent à libéraliser leurs propres secteurs des services en premier lieu, aﬁn de renforcer l&#8217;intégration économique nationale, à adopter des positions coordonnées par rapport aux pays tiers et à améliorer leur participation et leur inﬂuence au niveau multilatéral. En accord avec cet objectif, les pays de la SADC ont récemment décidé d&#8217;avoir un Protocole distinct sur le commerce des services, actuellement en cours de rédaction.</p>
<p>Les pays de la SADC ont également tenté de s&#8217;engager dans une intégration qui aide à faciliter le commerce des biens et services à l&#8217;échelle de la région. Pour ce faire, ils ont introduit divers protocoles et mémorandums d&#8217;accords qui contiennent des dispositions visant à encourager la libéralisation du secteur des services et à harmoniser les régimes réglementaires.</p>
<p>Les discussions sur les APE devraient donc s&#8217;appuyer sur la libéralisation réalisée de manière unilatérale et à travers désengagements régionaux. Elles devraient également renforcer la libéralisation réalisée au titre d&#8217;instruments régionaux - en particulier les mécanismes de développement de la capacité commerciale - et la libéralisation multilatérale aux ﬁns de l&#8217;AGCS.</p>
<p>Il y a toutefois le risque de voir les négociations APE perturber le processus d&#8217;intégration régionale, en fonction de l&#8217;envergure du chapitre des services qui pourrait être convenu.</p>
<p><strong>Enseignements de l&#8217;APE du CARIFORUM</strong></p>
<p>L&#8217;étude de cas sur l&#8217;APE de la SADC examine les implications potentielles pour les pays participants, d&#8217;un chapitre d&#8217;APE - du type de celui du CARIFORUM - sur les services dans trois secteurs, à savoir : les télécommunications, les services ﬁnanciers (bancaires) et le tourisme.(2)</p>
<p>En règle générale, les quatre pays SADC analysés dans l&#8217;étude sont activement engagés dans la réforme de leurs secteurs des services. Ceci est essentiellement un moyen d&#8217;assurer la fourniture de services de qualité, à un coût abordable, sur le marché intérieur et d&#8217;attirer l&#8217;investissement étranger direct.</p>
<p><em>Télécommunications</em><br />
Dans les télécommunications, les dispositions de l&#8217;APE UECARIFORUM reﬂètent le Document de référence sur les télécommunications de l&#8217;AGCS (TRP), mais dans certains cas, vont au-delà de ces obligations. À la condition de bénéﬁcier de délais de transition appropriés et de la constitution de capacités réglementaires, les pays SADC parties à l&#8217;APE peuvent réussir à souscrire à des dispositions du type énoncé dans le Document de référence sur les télécommunications. Toutefois, tous auraient des difﬁcultés à aller au-delà de ces dispositions. Chaque pays est à un stade de développement différent et il semblerait donc approprié que chacun contracte des engagements qui reﬂètent ces différences.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Services ﬁnanciers</em></p>
<p>Dans les services ﬁnanciers, les pays SADC parties à l&#8217;APE pourraient s&#8217;engager à réaliser le niveau de libéralisation qu&#8217;ils ont entrepris de manière unilatérale. Ils pourraient rechercher une compensation pour ce faire et lier tout accès au marché additionnel à l&#8217;offre de constitution de capacités et à la création ou au renforcement d&#8217;organes chargés de la concurrence. <em></em></p>
<p><em>Tourisme</em><br />
Pour le tourisme, le texte du CARIFORUM fournit les principes du cadre réglementaire pour tous les services de tourisme libéralisés. Par contre, l&#8217;AGCS ne contient pas de disciplines par secteur pour le tourisme. L&#8217;ensemble de cette section constitue donc un « AGCS Plus ».</p>
<p>Le secteur du tourisme est généralement plus ouvert que les autres secteurs des services. Cependant, la croissance du tourisme en Afrique australe est également entravée par des contraintes imposées dans les pays d&#8217;origine des touristes ou dans les marchés d&#8217;exportation. C&#8217;est un domaine où l&#8217;APE du CARIFORUM semble avoir enregistré une nette amélioration par rapport à l&#8217;AGCS. Les pays SADC parties à l&#8217;APE devraient accepter ces dispositions réglementaires, qui visent à empêcher les pratiques anticoncurrentielles et la domination abusive - en particulier par des réseaux touristiques. Toutefois, ces pays auraient à renforcer largement leurs capacités aﬁ n d&#8217;établir des organes en charge de la concurrence en mesure d&#8217;imposer des disciplines aux acteurs puissants du tourisme. La coopération avec l&#8217;UE serait cruciale, pour ce faire. Il semble donc que, dans ce cas, la charge réglementaire paraisse acceptable, à condition qu&#8217;une assistance soit offerte.</p>
<p><strong>Le déﬁ à relever pour les pays de l&#8217;APE de la SADC </strong></p>
<p>Dans les trois secteurs des services, le déﬁ à relever pour les pays de l&#8217;APE de la SADC serait de voir comment établir leurs besoins spéciﬁques dans le cadre de l&#8217;article IV de l&#8217;AGCS et de l&#8217;Accord de partenariat de Cotonou, pouvant aboutir au transfert de technologie et à la constitution de capacités.</p>
<p>Il est clair, dans l&#8217;ensemble, que les délais ﬁxés dans le texte de l&#8217;APE intérimaire sont trop ambitieux et que les pays de la SADC ne devraient permettre qu&#8217;on les pousse à contracter des engagements avant d&#8217;en comprendre pleinement les implications. Ils devraient être en mesure d&#8217;identiﬁer leurs intérêts spéciﬁques - qui résident essentiellement dans la constitution de capacités commerciales et réglementaires - et de garantir que les résultats des négociations concordent avec leurs objectifs. Après tout, la Commission européenne afﬁrme que les APE représentent une opportunité de développement pour les pays ACP.</p>
<p>En conséquence, les engagements contractés par les pays SADC parties à l&#8217;APE devraient, idéalement, être liés et subordonnés au respect, par la  Commission européenne de son engagement à appuyer la constitution de capacité. Le respect de cet engagement par la Commission européenne devrait, à ce titre, être mesurable et devrait être surveillé. A cet égard, les négociations sur la facilitation des échanges dans le Cycle de Doha, qui permet de lier les engagements à l&#8217;acheminement du soutien à la constitution de capacité et de lier le règlement des différends à l&#8217;acheminement de ce soutien, pourraient être un modèle utile à explorer.</p>
<p>1. Nkululeko Khumalo est chargé de recherche senior : Politique commerciale, South African Institute of International Affairs (SAIIA).</p>
<p>2. Pour lire l&#8217;étude de cas dans son intégralité, veuillez consulter : www.gtz.de/en/dokumente/en-epa-cariforum-and-beyond-services-implicationssouthern-africa-2008.pdf</p>
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		<title>Qui osera interdire à la CEDEAO de protéger son&#160;agriculture?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 15:21:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tamara Asamoah</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Dans les mois qui suivent la CEDEAO va prendre des décisions qui vont engager l&#8217;avenir de ses populations pour longtemps. Il est absolument nécessaire que dans chaque pays, chaque citoyen en soit informé et que des débats s&#8217;instaurent. En effet, la CEDEAO est engagée dans des négociations avec l&#8217;Union Européenne qui pourraient aboutir à un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les mois qui suivent la CEDEAO va prendre des décisions qui vont engager l&#8217;avenir de ses populations pour longtemps. Il est absolument nécessaire que dans chaque pays, chaque citoyen en soit informé et que des débats s&#8217;instaurent. En effet, la CEDEAO est engagée dans des négociations avec l&#8217;Union Européenne qui pourraient aboutir à un Accord de Partenariat Economique (APE). Mais cela l&#8217;oblige à définir un TEC (voir plus loin) et une liste de produits sensibles destinés à être exclus de la libéralisation que prépare cet APE.</p>
<p>La CEDEAO regroupe 15 pays, dont 8 appartiennent à l&#8217;Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Tous ces pays veulent former un marché commun. C&#8217;est-à-dire une zone où les hommes et les marchandises circulent librement, où ils ont une protection commune contre les importations du reste du monde et où ils se dotent de politiques communes, notamment une politique agricole commune (ECOWAP). C&#8217;est un travail important, qui demande une collaboration de tous. Parmi les questions à résoudre, il y a la façon dont cette zone va faire du commerce avec le reste du monde. Tous les pays du monde se protègent de différentes façons en instaurant, entre autres, des taxes à l&#8217;importation. Le plus souvent ces taxes sont fixes. On parle alors de droits de douane, et même (les spécialistes !) de droits de douane <em>ad valorem</em>, calculés en % de la valeur de la marchandise au point d&#8217;importation (port, aéroport, frontière terrestre). Chaque pays (ou ensemble de pays comme l&#8217;UEMOA et la  CEDEAO) définit donc le taux qui sera appliqué pour chaque produit susceptible d&#8217;être importé. L&#8217;ensemble de ces taux est appelé le Tarif Extérieur Commun (TEC).</p>
<p>Souvent, pour simplifier, les produits sont classés à l&#8217;intérieur d&#8217;un petit nombre de catégories de taux. C&#8217;est ainsi qu&#8217;en l&#8217;an 2000 les pays d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest qui avaient en commun le Franc CFA ont décidé de s&#8217;unir et d&#8217;adopter un Tarif  Extérieur Commun applicable à toutes les importations. Ces pays ont classé les produits en 4 catégories avec respectivement des  Droits de Douane de 0 %, 5 %, 10 % et 20 %. C&#8217;est ainsi que le riz a été taxé à 10 %, et le  lait en poudre à 5 %. Cela devant permettre de nourrir les populations urbaines au moindre coût.</p>
<p>Dans un premier temps, en effet, les populations se sont tournées massivement vers le riz importé. Souvent du vieux riz de mauvaise qualité. Sans doute les familles pauvres ont-elles pu préparer du riz (appelé « denkakia » en jula - c&#8217;est-à-dire « famille nombreuse ») une ou deux fois par semaine. Mais à quel prix pour la santé des enfants ? Il s&#8217;agit de riz qui gonfle à la cuisson, donc avec de l&#8217;eau. On pourrait aussi l&#8217;appeler « Trompe la faim ». Mais à quel prix aussi quant à l&#8217;avenir des producteurs de riz ? En 2004, les magasins des producteurs de riz du Sourou étaient pleins, le riz ne trouvant pas preneur à un prix rémunérateur pour les paysans. Ces derniers ont fini par abandonner la culture du riz, et ce qui devait arriver arriva.</p>
<p>En 2008, le prix du riz a flambé sur le marché mondial. Et la production nationale était au plus bas. Quelle fut la réponse du gouvernement ? Il a supprimé les droits de douane à l&#8217;importation sur le riz pour une durée de trois mois. Il a donc introduit, sans le dire, des <strong>prélèvements variables</strong>, que nous appellerons ici des <strong>taxes à l&#8217;importation variables</strong>. Sans grand résultat, car dans la hâte et l&#8217;improvisation.</p>
<p>Le TEC de l&#8217;UEMOA s&#8217;est donc révélé inadapté. Pendant quelques années, les droits de douane sur le riz se sont révélés trop faibles. Puis en 2008, avec la crise alimentaire, ces mêmes droits de douanes se sont révélés trop élevés, à tel point que le gouvernement burkinabè les a supprimés temporairement. Or, en un premier temps, la CEDEAO a semblé vouloir adopter le TEC de l&#8217;UEMOA. Heureusement, elle s&#8217;est donnée quelque temps de réflexion.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les très fortes variations des produits agricoles et de la parité FCFA / Dollar, fragilisent l&#8217;agriculture de la CEDEAO. Elles ne permettent pas aux agriculteurs d&#8217;investir en toute sécurité.</p>
<p>De plus, maintenant que les prix mondiaux ont déjà baissé assez fortement et qu&#8217;il est probable qu&#8217;ils continuent à baisser, compte tenu de la crise mondiale, les Etats de la  CEDEAO qui ont réduit ou supprimé les Droits de douanes fixes sont bien plus réticents à les relever vis-à-vis de consommateurs appauvris, ce qui réduit la confiance des agriculteurs pour augmenter leur production.</p>
<p>Il est donc urgent de tirer profit de l&#8217;expérience du TEC de l&#8217;UEMOA (qui, répétons le, s&#8217;est révélé inadapté) et de reconnaître la nécessité de mettre l&#8217;agriculture de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest à l&#8217;abri de la trop grande volatilité des cours mondiaux des marchandises et du dollar.</p>
<p>La CEDEAO pourrait informer l&#8217;OMC et ses principaux partenaires qu&#8217;elle a l&#8217;intention d&#8217;adopter, pour le marché commun qu&#8217;elle veut créer entre ses Etats membres et la Mauritanie, l&#8217;ensemble des règles commerciales suivantes (qui forment un tout) :</p>
<p><strong>La CEDEAO</strong><strong> consolide son TEC à 150 % pour les produits agricoles</strong>. Cette expression consacrée veut dire que la  CEDEAO se réserve le droit, si nécessaire, de relever ses droits de douane appliqués jusqu&#8217;à un plafond de 150 % (qu&#8217;elle s&#8217;engage également à ne pas dépasser). Ce taux de 150 % ne devrait pas faire problème à l&#8217;OMC car c&#8217;est le taux actuel de nombreux pays de la CEDEAO dont le Nigeria qui représente plus de 50 % de la population.</p>
<ol type="1">
<li>Ensuite la CEDEAO va déterminer      une liste de produits agricoles et/ou alimentaires (par exemple le riz et      la poudre de lait entier) sur lesquels elle va      instaurer des taxes variables qui seront toujours inférieures au taux      consolidé de 150 %.</li>
<li>Prenons      l&#8217;exemple du riz. La       CEDEAO va définir les prix de production moyens de la      tonne de riz par ses propres producteurs. A partir de là elle détermine un      <strong>prix d&#8217;entrée</strong> de sorte que si on importe du riz à ce      prix, il arrive sur le marché de la CEDEAO légèrement plus cher que le riz      local. Quand le prix sur le marché mondial est plus bas, le riz importé      est taxé (d&#8217;une taxe qui varie selon les cours du marché mondial. Le prix      de la taxe est donné par l&#8217;équation : <strong>taxe + prix du marché      mondial = prix d&#8217;entrée. </strong><br />
Le prix d&#8217;entrée est calculé de sorte qu&#8217;il assure des revenus aux      producteurs et qu&#8217;il ne soit pas trop cher pour les consommateurs urbains.      Quand le prix du marché est supérieur au prix d&#8217;entrée, il n&#8217;y a pas de      taxe à l&#8217;importation.</li>
<li>Cela ne remet pas en cause la nécessité d&#8217;ajouter une 5° bande      tarifaire de droits de douane fixes à 50, 65 ou 80 % pour des      produits non agricoles ou pour certains produits agricoles moins sensibles. On peut penser aussi que le passage de droits de douanes fixes à      des taux variables se fasse progressivement.</li>
</ol>
<p>Reste une question. Et de taille ! Cette façon de protéger l&#8217;agriculture peut-elle être acceptée par l&#8217;Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et par les partenaires de la CEDEAO. Notre réponse est « oui ». Même si ces taxes variables (appelées « Prélèvements Variables ») sont mal vues à l&#8217;OMC, il existe de bons arguments pour les faire reconnaître. C&#8217;est le moment de se rappeler qu&#8217;il est prévu un traitement spécial et différencié pour les Pays en développement, et tout spécialement pour les Pays Moins Avancés (PMA).</p>
<p>De plus le <a href="http://solidarites.info/pacte-international-social.php" target="_blank">Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 stipule </a>(article 1) que : &#8220;<em>Tous les peuples ont le droit de disposer d&#8217;eux-mêmes&#8230; Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles&#8230; En aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance</em>&#8220;. Et l&#8217;article 11 précise que &#8220;<em>Les Etats parties au présent Pacte, reconnaissant le droit fondamental qu&#8217;a toute personne d&#8217;être à l&#8217;abri de la faim, adopteront, individuellement et au moyen de la coopération internationale, les mesures nécessaires</em>&#8220;.</p>
<p>Notons également qu&#8217;en Mai 2008 <a href="http://www.food-security.net/medias/File/NISA_20_Mai_2008_Final_FR.pdf" target="_blank">le Réseau de Prévention des Crises Alimentaires du CILSS (Comité Permanent Inter-Etats de Lutte Contre la Sécheresse dans le Sahel) soulignait</a> : &#8220;<em>La préoccupation qui demeure est de savoir si des dispositions ou mécanismes sont également envisagées pour faire face à un éventuel effondrement des prix dans les années à venir. Une telle situation de «prix non rémunérateurs» pour les producteurs pourrait compromettre la sécurité alimentaire et les moyens d&#8217;existence des exploitants familiaux agricoles, fournissant l&#8217;essentiel des vivres de la région</em>&#8220;.</p>
<p><strong>Qui osera interdire à la CEDEAO de protéger son agriculture par des taxes à l&#8217;importation variables, et condamner ses populations à la misère, à la faim et aux violences urbaines ?</strong><br />
Koudougou, le 5 octobre 2008<br />
Maurice Oudet<br />
Président du SEDELAN</p>
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		<title>Après le fiasco : Repenser le Mécanisme de sauvegarde spéciale pour l’agriculture les pays en&#160;développement</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 15:14:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tamara Asamoah</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[News and Analysis]]></category>

		<category><![CDATA[Passerelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans l&#8217;environnement actuel de hausse des prix mondiaux de produits alimentaires de base important - la FAO a qualifié la situation de crise - il est paradoxal que la dernière tentative visant à maintenir à flot le bon navire du Cycle de Doha se soit finalement soldée par un naufrage sur les hauts-fonds du Mécanisme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dans l&#8217;environnement actuel de hausse des prix mondiaux de produits alimentaires de base important - la FAO a qualifié la situation de crise - il est paradoxal que la dernière tentative visant à maintenir à flot le bon navire du Cycle de Doha se soit finalement soldée par un naufrage sur les hauts-fonds du Mécanisme de sauvegarde spéciale si redouté.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>L&#8217;idée fondamentale qui sous-tend le Mécanisme de sauvegarde spéciale (MSS), un remplaçant amélioré de l&#8217;ancienne Clause de sauvegarde spéciale, est de permettre aux pays en développement de rehausser les tarifs au-delà des niveaux consolidés pour protéger les agriculteurs contre la chute des prix intérieurs résultant de la concurrence des importations. Toutefois, la question de savoir quelle serait la conception exacte d&#8217;un MSS acceptable a bloqué le débat.</p>
<p>Il y a dans un cas du débat de nombreux pays en développement, sensibles à la vulnérabilité de leurs nombreux agriculteurs, essentiellement pauvres ; dans l&#8217;autre campagne, il y a les pays exportateurs de produits agricoles, des pays tant développés qu&#8217;en développement qui recherche l&#8217;accès au marché et la prévisibilité dans les règles commerciales. Le débat s&#8217;est concentré en grande partie sur les conditions dans lesquelles le MSS pourrait être invoqué et sur le point de savoir jusqu&#8217;à quel niveau les droits de sauvegarde pourraient s&#8217;élever.</p>
<p>La plupart des pays acceptent l&#8217;idée d&#8217;utiliser une brusque augmentation des quantités d&#8217;importation comme seuil de déclenchement pour activer le mécanisme, mais sont ensuite en désaccord sur le point de savoir quelle devrait être le niveau exact de cette brusque hausse des importations. Comme l&#8217;a noté le Directeur général de l&#8217;OMC, Pascal Lamy : « Ceux qui craignaient que la sauvegarde n&#8217;entraîne une perturbation des échanges normaux souhaitaient une sauvegarde aussi élevée que possible. Ceux qui craignaient que la sauvegarde ne soit pas opérationnelle si elle était trop pesante voulaient un niveau de déclenchement bas. » (voir page XXX pour la proposition de MSS de Lamy).</p>
<p>Il y a peut-être des problèmes plus profonds dans le Cycle de Doha, mais le MSS était certainement la cause directe de l&#8217;échec des négociations de juillet. Il y aura lieu de le prendre en compte pour sauver les discussions. Alors que divers gouvernements réfléchissent à leurs prochaines positions sur le MSS, nous aimerions soumettre quelques commentaires sur l&#8217;idée de base.</p>
<p>Nous trouvons curieux qu&#8217;au cours des dernières négociations, les Ministres se soient concentrés presque exclusivement sur un déclenchement fondé sur le volume des importations ; même Lamy a exclu le MSS fondé sur les prix de sa proposition de compromis. Toutefois, pour les agriculteurs des pays en développement, un MSS fondé sur les prix semblerait plus approprié pour se protéger contre des cas de baisse exceptionnelle des prix mondiaux. Après tout, l&#8217;idée même d&#8217;une sauvegarde pour les pays à faible revenu - où l&#8217;agriculture fournit souvent de l&#8217;emploi à près des trois-quarts de la force de travail et où les ressources fiscales sont limitées - avait été proposée pour limiter la vulnérabilité de ces pays à la possibilité de chutes rapides et ruineuses des prix mondiaux des produits agricoles qui autrement pourraient résulter de l&#8217;abaissement des niveaux tarifaires élevés consolidés.</p>
<p>Les déclenchements fondés sur le volume pour le MSS sont à postériori - que le déclenchement soit élevé ou faible - et de nombreux pays en développement ne disposent pas de ressources pour surveiller en temps réel les entrées  ou les brusques poussées d&#8217;importations. De plus, les importations peuvent ne pas être liées à la baisse des prix, par exemple en cas de récoltes nationales insuffisantes. Un déclenchement fondé sur une hausse des importations serait incompatible avec le principe de protection des secteurs potentiellement compétitifs.</p>
<p>Ce qui devrait préoccuper les décideurs, ce n&#8217;est pas de tout faire supporter par les consommateurs, mais d&#8217;atténuer les dommages potentiellement graves pour les recettes d&#8217;agriculteurs par ailleurs compétitifs et pour les agriculteurs pauvres des pays ne disposant pas des ressources fiscales et de la capacité institutionnelle nécessaires pour offrir des secours. En cas de sécheresse, par exemple, les prix intérieurs pourraient enregistrer une hausse alors que les importations augmenteront également. Ceci justifierait-il l&#8217;imposition de droits additionnels sur la base du maintien d&#8217;un prix plancher pour protéger un secteur viable ?  Un déclenchement fondé sur le volume n&#8217;indiquerait pas de manière fiable le préjudice causé au secteur, qui est - du moins en principe - l&#8217;événement ultime à vérifier. Les prix internationaux chutent en prévision de hausses des approvisionnements mondiaux qui pourraient entrer en concurrence avec la production intérieure, même si les importations sont ‘manifestement négligeables.&#8217; Les baisses de prix aux frontières pourraient entraîner la chute des prix intérieurs même préalablement à de brusques poussées d&#8217;importations - et de fait même sans celles-ci.</p>
<p><strong>Réorientation vers le déclenchement fondé sur le prix </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Un déclenchement fondé sur les prix semblerait mieux prendre en compte la question du préjudice causé aux agriculteurs des pays en développement, mais comporter certaines difficultés techniques - en particulier eu égard à la crédibilité et à la transparence d&#8217;une MSS largement appliqué - qu&#8217;il faudrait aplanir dans une négociation. Nous avons discuté, ailleurs, de manière plus détaillée, de la conception possible d&#8217;un MSS fondé sur les prix,<a name="_ednref1" href="#_edn1">[1]</a> mais pour résumer : les règles qui déclenchent les sauvegardes devraient être spécifiées en termes de cas de baisse des prix bien définis et devraient être uniformes pour tous les pays et faire l&#8217;objet d&#8217;un contrôle par l&#8217;OMC.</p>
<p>Contrairement à l&#8217;ancienne clause de sauvegarde spéciale, un MSS déclenché par les prix ne serait pas subordonné à la tarification du cycle d&#8217;Uruguay et ne serait pas lié à un prix de référence à une date spécifique. Or dans le cadre d&#8217;un MSS fondé sur les prix, les prix de référence spécifiques devraient être révisés périodiquement par le Secrétariat  de l&#8217;OMC pour suivre les évolutions à long terme des conditions de prix sur les marchés mondiaux. Il devrait y avoir une notification détaillée au Secrétariat indiquant le choix de produits et la base de données utilisée dans la détermination des prix de référence.</p>
<p>Il y aurait lieu de négocier sur le point de savoir où placer le déclenchement fondé sur les prix - à 10, 15 ou autre pourcentage inférieur aux tendances à long terme des prix de référence mondiaux. Tant que le mécanisme de réactualisation des prix de référence est transparent et reflète fidèlement les tendances à long terme du marché, l&#8217;écart de déclenchement exact en pourcentage entre le prix de référence et le prix aux frontières est moins crucial. Néanmoins, plus cet écart est faible, plus fréquemment le MSS serait déclenché et arrêté, et plus il ressemblerait au ‘prélèvement variable&#8217; proscrit. En outre, en raison de ces changements fréquents, le MSS deviendrait pesant à administrer, tant au niveau pays que par le Secrétariat  de l&#8217;OMC.</p>
<p>Pour accroître davantage la transparence, le Secrétariat de l&#8217;OMC devrait aider tous les pays qui projettent de recourir à la sauvegarde dans l&#8217;établissement d&#8217;un système de calcul des prix de références et des surtaxes, y compris la possibilité d&#8217;externaliser des opérations vers des tierces parties. Nous avons conclu - bien qu&#8217;il y ait des possibilités d&#8217;alternatives - qu&#8217;une estimation statistique des tendances des prix de référence permettrait d&#8217;éviter la plupart des difficultés associées à des moyennes mobiles ou au recours d&#8217;une période de base arbitraire. Néanmoins, une tendance estimée laisse intact, bien sûr, le problème de tous les prix de référence : c&#8217;est une variable prédéterminée inexacte des futures conditions à long terme des marchés.</p>
<p><strong>Produits visés</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un déclenchement fondé sur le volume ou sur les prix, il devrait y avoir un accord sur les produits visés. En pratique, et dans l&#8217;esprit du libre-échange, l&#8217;application du MSS devrait être limitée à un nombre restreint de produit à toute période, bien que l&#8217;instrument puisse être disponible pour tout produit.<strong> </strong></p>
<p>Alors qu&#8217;un pays pourrait établir ses propres priorités eu égard à la définition des ‘produits sensibles&#8217;, l&#8217;application simultanée du MSS à un grand nombre de produits par pays serait peu réalisable pour ce qui est de la surveillance par l&#8217;OMC et de la gestion des données par des pays particuliers.</p>
<p>En règle générale, l&#8217;application du MSS sur un nombre restreint de produits de manière simultanée aiderait à éviter son utilisation abusive et à maintenir sa concentration sur des produits politiquement sensibles où l&#8217;absence de protection serait autrement un obstacle à la libéralisation des échanges. La proposition récente du G-33 visant à établir un nombre illimité de produits pour les pays les moins avancés (PMA) - et 30% pour les petits pays vulnérables&#8217; - semblerait aller au-delà de ce qui nous apparaît comme un ensemble raisonnable de produits politiquement sensibles et solliciterait à l&#8217;excès la capacité de surveillance de l&#8217;OMC, tout en sapant la crédibilité de l&#8217;ensemble du système MSS.</p>
<p><strong>Faire baisser la pression</strong></p>
<p>Le déclenchement fondé sur les prix offre un avantage supplémentaire dans le contexte de la question litigieuse clé  dans les dernières négociations. Le débat sur le point de savoir s&#8217;il faudrait permettre au tarif MSS de dépasser les limites tarifaires antérieures au Cycle de Doha perdrait probablement de son intensité, en particulier si une mesure corrective fondée sur les prix ne permettait aux pays que de compenser une partie de la baisse des prix.  Ceci avait été proposé dans le texte de Falconer  du 10 juillet. Les exportateurs seraient assurés de préserver les opportunités  de marché en périodes de prix normaux ou en hausse, dans le même temps, les agriculteurs en concurrence avec les importations seraient toujours protégés contre des baisses de prix exceptionnelles.</p>
<p>Les hausses de tarifs de sauvegarde pourraient être mises en œuvre pratiquement de manière automatique - et transparente - et, les négociateurs s&#8217;étant déjà entendus sur tout nouveau MSS, sans nécessité de tester le préjudice ou de négocier une indemnisation (comme c&#8217;était le cas en ce qui concerne l&#8217;ancienne sauvegarde générale). Certains pays pourraient souhaiter insister sur l&#8217;adhésion au principe selon lequel aucun tarif après Doha ne devrait excéder les taux consolidés antérieurs à Doha, et pourraient donc toujours souhaiter insister sur une limitation des hausses tarifaires déclenchées par les volumes d&#8217;importation ou par les prix aux frontières. Cependant, il y a certainement une différence quantitative, si non qualitative, entre le dépassement des taux consolidés antérieurs à Doha en période de prix mondiaux exceptionnellement faibles et le dépassement de ces limites dans des conditions de marché normales.</p>
<p>Et contrairement aux déclenchements fondés sur le volume, une restriction sur la durée d&#8217;application d&#8217;un MSS déclenché par les prix semblerait également contradictoire à cette fin. Pour ce qui est des déclenchements fondés sur le volume des importations, une limite sur la durée de la sauvegarde serait logique pour assurer la transmission des tendances à long terme des prix du marché et éviter la perturbation de l&#8217;évolution naturelle des échanges. Les délais permettraient aux conditions de marché normales de ressortir durant les périodes de transition. Toutefois, pour un déclenchement fondé sur les prix, qui (de façon crédible) suit les tendances des prix mondiaux, ces problèmes sont minimisés. Un déclenchement fondé sur les prix assure certes une protection temporaire contre les périodes de baisse des prix, mais s&#8217;adapterait aux tendances à long terme. Ainsi, le droit d&#8217;appliquer un MSS déclenché par les prix pourrait être de durée illimitée, et pourrait être maintenu tant que les prix mondiaux sont exceptionnellement faibles. Si une forte baisse des prix mondiaux faisait réellement partie d&#8217;une tendance à long terme, ceci serait reflété à terme par l&#8217;évolution du prix de référence et le MSS ne s&#8217;appliquerait plus.</p>
<p>L&#8217;opinion qui prévaut actuellement à Genève, comme nous la percevons, est qu&#8217;un déclenchement par le volume est l&#8217;option préférée. Même dans la présentation d&#8217;un MSS fondé sur les prix, les volumes d&#8217;importation peuvent entre en jeu pour bloquer l&#8217;application de la sauvegarde, si leurs niveaux sont ‘manifestement négligeables&#8217; par rapport à la production et à la consommation intérieures.<a name="_ednref2" href="#_edn2">[2]</a> Ceci nous apparaît comme une restriction singulière si le but du MSS est de protéger les agriculteurs nationaux contre des prix exceptionnellement bas transmis des marchés mondiaux. Les prix intérieurs pourraient suivre la baisse des prix aux frontières sans changements simultanés dans les importations : les prix peuvent chuter sur le potentiel des importations, que les volumes des importations aient ‘manifestement&#8217; augmenté ou non. Imposer une condition observée liée au volume à un MSS déclenché par les prix revient à maintenir un type de test de préjudice à priori, ce qui est, à notre avis, une restriction non recevable sur ce qui devrait être une politique d&#8217;assurance contre la baisse des prix pour les agriculteurs des pays pauvres.</p>
<p><strong>Adapter le déroulement des négociations</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Du point de vue de ceux qui ont l&#8217;habitude de traiter des preuves juridiques et  de ceux qui perçoivent les sauvegardes comme comparables à des mesures antidumping, les déclenchements fondés sur le volume sont en effet plus aisés à comprendre. Ils sont attrayants pour les négociateurs. En outre, ils ne sont applicables qu&#8217;après coup. Les déclenchements fondés sur les prix visant à atténuer les cas où les prix mondiaux sont exceptionnellement bas sont mieux adaptés à la fois la prise en compte du but sous-jacent des sauvegardes en faveur des pays pauvres, et au suivi de l&#8217;évolution des marchés mondiaux. Ce à quoi il y a lieu de réfléchir durant cet intervalle dans les négociations, c&#8217;est de voir comment présenter un mécanisme de déclenchement fondé sur les prix qui, tout en étant attrayant pour les économistes généralement moins au courant de la diplomatie, manque de charisme pour les négociateurs. Nous estimons toutefois qu&#8217;il est possible d&#8217;avancer de bons arguments qui inscrivent le MSS fondé sur les prix dans le contexte de la protection de ‘la garantie des moyens de subsistance et des modes d&#8217;existence&#8217; des agriculteurs des pays en développement - défendus avec tant d&#8217;ardeur par le Ministre indien Kamal Nat - et que les Ministres pourraient trouver plus convaincants.          <strong> </strong></p>
<p><a name="_edn1" href="#_ednref1">[1]</a> <em>A. Valdés and W. Foster. Juillet 2005. The New SSM: A Price Floor Mechanism for Developing Countries. ICTSD Issue Paper No. 1. Genève.</em></p>
<p><a name="_edn2" href="#_ednref2">[2]</a> <em>Secrétariat de l&#8217;OMC. 5août 2008. An Unofficial Guide to Agricultural Safeguards. </em><em>Genève.</em></p>
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