Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 8 • 1 Juillet 2008

Agriculture : les initiatives se multiplient pour des politiques agricoles solides et capables de sortir les pays Africains de la pauvreté

L’agriculture semble de plus en plus être la seule alternative qui puisse permettre de résoudre une bonne fois pour toutes les difficultés alimentaires que le monde connaît. Mieux, elle est considérée comme étant la voix royale pour sortir les pays du Sud et particulièrement l’Afrique de la pauvreté.

Au regard des nombreuses initiatives en faveur de l’agriculture, on peut noter qu’elle commence à reprendre sa place de choix dans la recherche de solutions pour ” un monde sans faim “. Parmi ces initiatives, il y’a la conférence sur la relance de l’agriculture, L’Alliance pour une révolution verte en Afrique entres autres.

La ” Conférence sur la relance de l’agriculture en Afrique : incidences sur la résolution de la crise alimentaire ” organisée par la Banque africaine de développement (BAD) s’est tenue ces 25 et 26 Juin a Tunis. Cette rencontre a été l’occasion de trouver un consensus sur ‘urgence de promouvoir le secteur agricole dans les Stratégies nationales de réduction de la pauvreté (DSRP).

La conférence a par ailleurs réaffirmé la nécessité de trouver des solutions urgentes aux problèmes posés par la flambée des prix des céréales tout en insistant sur la place à accorder aux solutions à moyen et long termes qui incluent l’affectation des ressources financières supplémentaires au secteur agricole.

Il a été rappelé au cours de cette réunion, les efforts de la BAD pour soutenir l’agriculture. En ce sens, La BAD mobilisera, un milliard de dollars supplémentaire pour soutenir l’agriculture africaine, portant ainsi son portefeuille dans ce secteur à quelque 4,8 milliards de dollars. Environ 250 millions de dollars seront par ailleurs décaissés par la banque pour assurer dans les PMR l’achat des engrais nécessaires sur les 12 prochains mois.

Dans le même sens et dans la même période, une autre initiative visant un mieux être des agriculteurs L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (Agra), organisation de développement agricole dirigée par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, a scellé (le 18 mai) avec les Etats-Unis un partenariat destiné à endiguer la faim et la pauvreté en Afrique. Agra, qui est spécialisé dans l’aide aux petits agriculteurs, investit dans les semences, les fertilisants et la formation des habitants pauvres vivant dans les campagnes. MCC qui est un programme d’aide au développement lancé par le président George W. Bush, doit intervenir dans ce programme en investissant dans des infrastructures, comme des routes ou des systèmes d’irrigation.

Cette initiative d’Agra et du Fonds des défis du millénaire (MCC), a pour vocation d’accroître la productivité des petites exploitations agricoles sur le continent.

Cette collaboration vise à renforcer les capacités des petits agriculteurs africains. En effet, comme a eu à le préciser le président du MCC John Danilovich, “comme Agra, le MCC pense qu’une des manières les plus efficaces de promouvoir la réduction de la pauvreté et une croissance économique durable en Afrique est d’améliorer la capacité et l’efficacité du secteur agricole”.”L’agriculteur africain (…) est le seul agriculteur au monde qui prend tous les risques à son compte parce qu’il n’a pas accès au capital, il n’a pas d’assurance, il n’a pratiquement pas d’aide gouvernementale”, a ajouté M. Annan.

Toujours dans ces initiatives pour un développement de l’agriculture pour endiguer une bonne foi pour toutes les crises alimentaires, la Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA) a tenu son 38ème congrès ce 12 juin à Paris. En plus d’élire un nouveau président, la FIPA a dégagé une nouvelle feuille de route pour soutenir l’agriculture dans le monde.

La FIPA a, pour la première fois de son existence , élit un président issu d’un pays en développement en la personne de Ajay Vashee, qui est aussi président de SACAU, organisation agricole régionale d’Afrique australe et ancien président de la National Farmers’ Union de Zambie. Son ambition est de placer les perspectives des agriculteurs au cœur de la politique mondiale. Pour accomplir cette tâche, il sera secondé par trois vice-présidents et un trésorier qui forment le Bureau de la FIPA : Elisabeth Gauffin de Suède, Raul Montemayor des Philippines, Carlos Simancas de Colombie et, enfin, Peter Gaemelke du Danemark comme trésorier. Ensemble ils assureront l’unité des organisations agricoles du monde entier sous la direction démocratique de la FIPA.

Elle compte consolider son action mais aussi s’orienter vers la résolution définitive des crises alimentaires et une participation effective dans la recherche de solutions aux différentes problématiques relatives à l’agriculture et au monde paysan. Il a ainsi décliné sa feuille de route dans son discours après son élection. Il déclare : ” Mon ambition consiste à consolider les acquis de la FIPA au profit des agriculteurs et à aller encore plus loin dans ce sens au cours des deux prochaines années. Avec les organisations agricoles membres du monde entier, nous établirons une stratégie pour résoudre la crise alimentaire mondiale, pour aider les agriculteurs à développer les services fournis par les écosystèmes qu’ils fournissent à l’humanité et à se faire rémunérer en conséquence, à lutter contre les effets des changements climatiques et, enfin, à évaluer la production durable de bioénergie. Le monde compte sur ses agriculteurs pour atteindre l’ensemble de ces objectifs, et nous veillerons à ce que nos agriculteurs aient les capacités et le soutien voulus pour ce faire. Nos comités régionaux renforceront les capacités des organisations avec lesquelles ils coopèrent pour respecter les priorités des organisations membres dans les pays en développement au chapitre des politiques. Nous mettrons tout en œuvre pour que la FIPA soit considérée comme un partenaire des gouvernements et des institutions internationales dans tous les débats concernant l’agriculture, et ce, sur un pied d’égalité. La FIPA a un statut de haut niveau au sein du système des Nations Unies et d’autres organisations internationales (CDB, FAO, OCDE, UNCCD, PNUE, CCNUCC, OMS, OMM, OMC, etc.), et nous créerons des partenariats novateurs avec d’autres parties pour atteindre nos objectifs. ”

Dans cette même perspective, La vice-président Elisabeth Gauffin (Suède) déclare que : ” La distance entre la cour de ferme et la politique mondiale n’a jamais été si courte, et nous devons nous exprimer dans ces débats. Nous veillerons à ce qu’ils débouchent sur des résultats positifs pour les agriculteurs.

” Le vice-président Raul Montemayor (Philippines) lui emboîte le pas en disant que ” Nous devons nous assurer que les hausses de prix à la production se traduisent par une amélioration du revenu pour les agriculteurs, et non pas par une spéculation débridée de la part des opérateurs sur les bourses de produits du monde entier.”

Source, www.ifap.org, Enda