Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 9 • 15 Juillet 2008

Agriculture : PAC et pays pauvres

Comme nous l’annoncions dans notre dernier numéro, le débat sur l’utilisation du surplus de la PAC continue.

Bruxelles a proposé de prélever des fonds non utilisés de la politique agricole commune (PAC) pour financer des projets d’aide à la production agricole dans les pays pauvres frappés par la crise alimentaire, avait annoncé la commissaire européenne à l’Agriculture.

“L’agriculture, dans l’aide au développement, a été une sous - priorité depuis plus de vingt ans. Nous devons rattraper ça”, a déclaré Mariann Fisher Boel lors de la conférence “Qui va ourrir le monde?” organisée à Bruxelles.

Le commissaire au Développement “Louis Michel et moi-même allons proposer un paquet pour que les pays en développement importateurs nets de nourriture puissent recevoir de l’argent pour les semences et les engrais, pour améliorer leur propre production”, a-t-elle ajouté.

La commissaire a précisé ensuite lors d’une conférence de presse qu’elle proposerait que ce paquet, qui devait présenté, soit financé par les surplus de la PAC de 2008 et peut-être 2009, “mais pas plus”.

Elle a refusé de dévoiler le montant de l’enveloppe, mais une source a indiqué que les sommes en jeu se situaient “entre 750 millions et un milliard d’euros”.

“Nous avons de grandes attentes si l’argent est dépensé intelligemment”, a ajouté Mme Fisher Boel, soulignant que pour qu’il y ait un véritable impact, il faudrait que les pays concernés s’engagent à développer les infrastructures et les réseaux de communication.

Alors que les surplus de la PAC reviennent normalement aux budgets nationaux des 27, ces propositions risquent de passer difficilement auprès des Etats membres, déjà réticents lorsque la commissaire avait émis l’idée d’utiliser la PAC pour les pays pauvres en mai.

“C’est une idée neuve et importante qui mérite d’être étudiée et débattue”, a commenté le ministre français de l’Agriculture, dont le pays préside l’UE depuis. “Dès l’instant où nous avons à faire face à une situation exceptionnelle, il faut, au-delà des mots, des réponses elles aussi exceptionnelles”.