Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 9 • 15 Juillet 2008

G 8 : Une solution à la crise mondiale ?

Le sommet du G8 s’est tenu les 7 et 9 juillet à Toyako, au Japon. Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays riches et de la Russie se sont réunis pour se pencher sur les principaux problèmes que connaît le monde. Ce sommet s’est tenu dans un contexte particulier marqué par une flambée du baril du pétrole et le blocage des négociations commerciales au niveau de l’OMC.

Cette situation justifie bien l’invite que le quotidien britannique The Times à fait : “Le G8 est constamment surestimé. Les gouvernements, de même que les activistes, ont une conception exagérée et déraisonnable de leur capacité à faire le bien. Le sommet, qui débute aujourd’hui, devrait revenir aux fondamentaux. … Il existe une tâche importante que le sommet pourrait accomplir, aussi bien au niveau politique qu’en matière de gouvernance internationale. Les décideurs dans les pays démocratiques et fortement industrialisés se retrouvent face à la perspective peu enviable d’une croissance vacillante et d’une inflation galopante. … Il est donc nécessaire d’élaborer une réponse coordonnée à la crise du crédit. Celle-ci pourrait par exemple aboutir à un accord offrant la possibilité aux pays émergents à forte croissance de laisser leur monnaie s’apprécier pour réduire les pressions inflationnistes, et ainsi permettre d’instaurer les conditions favorisant une nouvelle stabilité économique mondiale.”

Une large part des discussions de ce sommet a été réservée à l’Afrique, au développement, à la signature des accords commerciaux multilatéraux, mais aussi au changement climatique.

La première journée de ce sommet avait pour thème l’Afrique. Sept chefs d’Etats africains étaient invités pour des discussions autour du développement du continent africain où la flambée des prix se fait le plus ressentir pour une population déjà en proie à la pauvreté. Beaucoup d’espoirs sont fondés sur cette rencontre. Comme a eu à le dire le président de la Commission de l’Union africaine Jean Ping :”Les dirigeants africains attendent du G8 qu’ils transforment leurs promesses existantes en actions. La crédibilité des engagements internationaux est en jeu”. Beaucoup craignent que ce sommet ressemble aux précédents c’est-à-dire de nouvelles déclarations sans effets réels.

En effet lors du sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005, l’engagement de doubler l’aide annuelle à l’Afrique en 2010 par rapport à son niveau de 2004 (25 milliards de dollars) n’est toujours pas respecté. L’aide à l’Afrique avait été le sujet central du sommet de Gleneagles en Ecosse il y a trois ans au cours duquel les dirigeants du G-8 avaient appelé à l’augmentation de l’aide à hauteur de 50 milliards de dollars (32 milliards d’euros) par an jusqu’en 2010 -dont la moitié consacrée exclusivement à l’Afrique- et à l’annulation de la dette des pays pauvres les plus endettés.

Plusieurs organisations humanitaires accusent certains des pays du G-8, en particulier la France, le Canada et l’Italie, d’être plutôt parcimonieux dans leur aide à l’Afrique. Pour dénoncer ces comportements et bien d’autres de ces grandes puissances, un contre sommet à été organisé.

Ce contre - sommet dit celui des”pauvres” a été organisé en parallèle à la réunion du G8, a Katibougou (Mali). Les organisateurs ont demandé l’annulation de la dette des pays du Sud, l’arrêt des privatisations et la suppression de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

On peut lire dans la déclaration finale de ce contre sommet : “Nous exigeons ce qui suit: l’annulation totale et inconditionnelle de la dette extérieure des pays du tiers-monde, l’arrêt des privatisations dans les pays du Sud, la suppression pure et simple de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI),”.

Le texte préconise également “le rejet des accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) dans leurs formes actuelles”.

Véritable tribune anti-G8, la déclaration finale précise aussi que “malgré l’extrême gravité de la situation dans le monde, le G8, ce directoire mondial informel, illégitime et antidémocratique, continue à faire des effets d’annonce et des promesses non tenues”.

Au Japon, les pays du G8 ont annoncé qu’ils se donnaient cinq ans pour débloquer 60 milliards de dollars pour lutter contre les maladies infectieuses en Afrique. Ces promesses seront - elles tenues ?

Sources : notes Enda, AFP, NOUVEL OBS.