Passerelles SynthèseVolume 7Numéro 5 • 15 Mai 2008

APE : la DG développement de l’UE ” invite” des acteurs officiels et de la société civile ouest africains à Bamako.

Les points de vue sur les APE entre les pays ACP et l’UE ne sont nécessairement pas les mêmes. Si certains (les européens) pensent que c’est une occasion ainsi offerte aux ACP de relever leurs économies et de s’insérer à celle mondiale de façon harmonieuse, d’autres, (les ACP) pensent que les APE tel qu’ils sont conçus ne favorisent en rien le développement et ne donnerait pas les résultats escomptés. De grandes campagnes de dénonciation de ces accords ont été lancées et animées partout dans le monde par les sociétés civiles du Sud comme du Nord aidées en cela par certains Etats et organisations régionales d’intégration qui ont pris à un certains moment du processus des décisions rejetant les APE.

Cela a été le fruit de grandes discussions provoquées et animées par les principaux acteurs de ces accords, surtout ceux non étatiques. Aujourd’hui, la situation commande une poursuite de ces discussions et des échanges d’informations. Estimant que les analyses et les commentaires sur les APE sont souvent faussés par les postures ” idéologiques ” et les passions, la DG Développement de la Commission européenne a invité des fonctionnaires des ministères du commerce et des finances ainsi que des représentants de la société civile ouest africaine du 29 au 30 mai à Bamako. L’UE espère ainsi trouver un cadre plus ” serein ” pour fournir une analyse ” plus équilibrée que celle habituellement offerte par une discussion publique idéologiquement influencée “. Un tel objectif disqualifie à priori tous les arguments contraires aux doctrines européennes. Les campagnes ouest africaines et internationales contre les APE n’auraient, sous cette lecture, rien d’objectif et de rigoureusement établi.

La région ira donc écouter la vérité européenne, si tant est qu’elle est moins idéologiquement influencée. Les participants, qui ont aussi entendu d’autres points de vue contraires, s’ils n’en ont pas été eux-mêmes les défenseurs, pourront dire, à la suite de cette ” confession ” de la commission européenne, ce qui la distingue des autres.